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reflux gastro-oesophagien Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par RP, chirurgien pédiatre   
06-02-2007
Dernière mise à jour : ( 01-03-2008 )
Index de l'article
reflux gastro-oesophagien
examens complémentaires
conduite à tenir
la chirurgie
les complications
les suites normales
conclusion

Avant de voir la façon dont les suites se passent dans la grande majorité des cas, nous allons recenser les complications à court terme ou à moyen et long terme.

  • En per-opératoire, nous ne reviendrons pas sur les complications propres à la cœlioscopie que nous avons déjà vues. Lors de l'intervention, les complications essentielles sont en rapport avec une lésion d'un organe ou d'un vaisseau..
  1. Les lésions d'organes touchent le plus souvent l'œsophage, lorsqu'on le libère pour pouvoir faire l'intervention. La perforation en elle-même, n'est pas grave, sous réserve qu'on s'en aperçoive. La réparation est alors en général facile, parfois au prix d'une conversion de la cœlioscopie. Si par contre on ne voit pas cette perforation, le risque est alors celui d'une fuite de liquide digestif dans la cavité abdominale, et d'une péritonite. Il est bien évident que le risque de perforation de plus en plus faible à mesure que l'expérience du chirurgien pédiatre augmente.
  2. La lésion d'un vaisseau va entraîner un saignement qui sera d'autant plus important que le vaisseau sera gros. Si la réparation ne peut pas être faite très rapidement, il faut alors convertir en une voie d'abord classique le plus vite possible, pour contrôler le vaisseau, et arrêter l'hémorragie. La rapidité de décision et d'action est essentielle, le saignement pouvant être très rapide.
  3. Enfin, il y a toujours le risque des complications banales pour toute intervention chirurgicale, qu'elles soient anesthésiques, infectieuses (aux points d'accès), ou à type d'occlusion parce qu'on est rentré dans le ventre.
  • A court terme, l'essentiel des complications est lié à l'existence de nerfs au niveau de la partie de l'œsophage que l'on doit libérer pour pratiquer l'intervention. Ils peuvent être traumatisés lors de cette manœuvre. Ces nerfs (pneumogastriques, ou nerfs vagues) innervent la totalité du tube digestif, et ont une action sur l'accélération et le ralentissement. En fonction de cela, deux types de complications sont à envisager :
  1. L'accélération entraîne des symptômes regroupés sous le nom de "dumping syndrome". Il se manifeste par l'apparition d'une fatigue au cours ou juste après le repas. L'enfant s'arrête de manger, va dormir quelques minutes et il survient ensuite un épisode de diarrhée. Ce syndrome est relativement fréquent, de l'ordre de 10% des opérés. En dehors des cas exceptionnels, il n'est pas grave et cède spontanément en quelques jours à quelques semaines, sans séquelle ni récidive. Pendant cette phase, il existe des médicaments permettant de limiter les symptômes.
  2. La paralysie des nerfs est très exceptionnelle (moins de 1%), mais beaucoup plus préoccupante ("gas-bloat syndrome"). En effet, cette paralysie entraîne une impossibilité de vidanger l'estomac qui se distend, et fait très mal. Comme l'intervention pratiquée est habituellement aussi efficace, il est indispensable de mettre en place une sonde gastrique pour évacuer l'estomac des gaz et des sécrétions. Parallèlement, il faut remettre une perfusion en place, pour réhydrater et réalimenter l'enfant. Si cette paralysie ne dure que quelques jours, ces soins peuvent se faire là où l'enfant a été opéré. Si elle se prolonge plus longtemps, il sera souvent nécessaire de transférer l'enfant dans un service de gastro-entérologie pédiatrique. A terme tout rentre dans l'ordre, mais c'est une épreuve redoutable, bien qu'exceptionnelle.
  • A moyen terme,
  1. les blocages alimentaires sont en rapport avec l'existence d'un œdème qui ne manque pas de se produire au niveau de la zone opératoire. Cet œdème peut diminuer la filière de passage alimentaire et empêcher l'ingestion de gros morceaux. C'est pourquoi les conseils diététiques qui seront donnés à la sortie doivent être suivis. Nous les verrons plus loin.
  2. Les difficultés d'alimentation (dysphagie) sont une forme plus importante où se rajoute le fait que le défilé gastrique où passe l'œsophage est trop étroit, soit parce qu'il a été trop serré à tort, soit parce que l'œdème est très important. Ceci entraîne des sensations de blocage même pour les liquides, et peut entraîner un amaigrissement. Si cette dysphagie est très importante, elle peut nécessiter une dllatation voire une reprise chirurgicale.
  • A plus long terme, la seule complication est l'échec de l'intervention. Celle-ci peut survenir soit précocement, soit beaucoup plus tardivement. Il est sûr que plus le temps passe, moins le risque de retour en arrière est important. La fréquence de ces échecs est d'environ de 10 % des cas opérés par l'ensemble des chirurgiens pédiatres. En cas d'échec tardif, il est souvent possible de recommencer si on a compris le mécanisme de l'échec.

 

Info importantes

La cœlioscopie a des intérêts et des complications qui lui sont propres. Il ne s'agit que d'un moyen parmi d'autres d'aborder la zone opératoire. Pour certaines interventions, elle va donner un abord meilleur, une vision meilleure, une facilité plus grande. Pour d'autres, c'est le contraire. Le fait de prévoir une intervention par cœlioscopie ne doit pas faire oublier que votre chirurgien pédiatre pourra à tout moment "convertir", c'est à dire revenir à une voie traditionnelle. Vous devez en être prévenu avant l'intervention. en savoir plus sur la cœlio...

 
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