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les amygdales Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par JPA, ORL pédiatre   
22-01-2008
Dernière mise à jour : ( 05-02-2008 )
 

Il s'agit de l'ablation des amygdales palatines parfois associée à l'adénoïdectomie.

C'est une des interventions les plus pratiquées dans le monde. En France, on estime qu'environ 15 000 amygdalectomies sont pratiquées par an (adulte et enfant).

    Dans quels cas enlève-t-on les amygdales chez l’enfant ?
    amygdales anatomie
    anatomie de la gorge

A - En cas d‘angines à répétition

Les angines sont des infections sévères entraînant un absentéisme scolaire et des prises d’antibiotiques fréquentes. Si on dénombre 5 angines par an, une ablation des amygdales peut être proposée. En pratique, on se donne si possible 2 années de recul avant de prendre une décision. Dans ce cas, ce n’est ni l’aspect, ni la taille des amygdales qui comptent mais les épisodes d’infection qu’il ne faut pas confondre avec de banales rhinopharyngites.

B - En cas d’amygdales obstructives

Elles peuvent gêner la déglutition et la respiration.

Si les amygdales sont trop grosses, elles peuvent gêner l’alimentation de l’enfant. Celui-ci sélectionnera des aliments mous, faciles à avaler et évitera la viande par exemple. L’enfant sera vite rassasié et aura tendance à mastiquer longtemps ses aliments. Ceci peut retentir sur sa croissance et entraîner une cassure de la courbe de poids (à vérifier dans le carnet de santé).

Les grosses amygdales peuvent aussi gêner la respiration nocturne. On observe un ronflement. Mais surtout l’enfant aura une mauvaise respiration entraînant des arrêts momentanés de celle-ci. C’est l’apnée du sommeil.

Comment suspecter une apnée du sommeil chez l’enfant 

  1. Outre le ronflement, c’est surtout le caractère irrégulier de la respiration et l’existence de "gasps" qui doivent alerter.
  2. Ces enfants font fréquemment pipi au lit, ont des sueurs nocturnes et un sommeil irrégulier. Il est intéressant que les parents écoutent et regardent leur enfant dormir.
  3. Dans la journée, ils peuvent être fatigués ou paradoxalement énervés et hyperactifs
  4. A noter aussi que les grosses amygdales modifient le timbre de la voix, celle-ci sera plus grave et comme couverte.
  5. Les résultats scolaires peuvent en être perturbés.
  6. En cas de doute, un enregistrement des paramètres du sommeil peut être éventuellement effectué (polysomnographie).

    Doit-on faire des examens avant l’intervention ?

Un bilan biologique peut être demandé notamment pour vérifier comment coagule le sang. Il sera montré à la consultation d’anesthésie. Il n’y a pas de radiographie à faire systématiquement.

    Quand doit-on voir l’anesthésiste ?

La consultation avec l'anesthésiste est obligatoire au moins 48 h avant l'intervention. Elle se déroule en présence de votre enfant.

Il ne faut pas oublier d'apporter le carnet de santé, les résultats biologiques et les ordonnances des traitements en cours. Cette consultation permettra de vérifier qu'il n'y a pas de contre-indication à pratiquer une anesthésie générale. L'anesthésiste en expliquera les modalités. Un formulaire d'autorisation d'opérer sera remis qui doit être signé par les deux parents.

    Comment se déroule l’hospitalisation ?

Elle se fait en fin de journée la veille de l’intervention dans un service dédié à la pédiatrie. Un des parents peut séjourner avec l’enfant.

L'intervention a lieu le lendemain matin, l’enfant étant à jeun depuis la veille au soir. Il est amené au bloc avec son doudou mais sans ses parents.L’intervention se déroule sous anesthésie générale, une perfusion est posée et sera conservée jusqu’au lendemain matin. Elle est pratiquée par les voies naturelles sans cicatrice externe, elle consiste en l’ablation complète des 2 amygdales (et des végétations adénoïdes si nécessaire). Il en résulte une petite cavité appelée loge amygdalienne.

Pour diminuer les douleurs post-opératoires, l’enfant reçoit des antalgiques dès le début de l’intervention. Il est ensuite surveillé en salle de réveil (toujours dans le bloc opératoire). Il ne sera ramené dans sa chambre qu'une fois complètement réveillé. Ce délai est très variable d'un enfant à l'autre, il ne faut donc pas s'inquiéter si un enfant reste longtemps en salle de réveil.

    La période post-opératoire à l’hôpital

Lorsque l’enfant revient dans sa chambre, il est préférable qu’un des parents soit présent. La reprise de l’eau est possible en milieu d’après-midi et les aliments (type compote ou glace) en fin d’après-midi. Certains vomissent assez facilement et, dans ce cas, la reprise de l’alimentation sera décalée.

Des traitements antibiotiques, anti-inflammatoires et antalgiques sont systématiquement administrés par voie veineuse ou orale. Si l’enfant présentait des apnées du sommeil, il est surveillé avec un capteur de son taux d’oxygène sanguin posé sur son doigt.

Il faut limiter les visites pour que l’enfant puisse se reposer.

En début de soirée, l’ORL revoit l’enfant pour vérifier qu’il n’y a pas d’hémorragie, que la douleur est bien contrôlée. Il remet aux parents l’ordonnance du traitement post-opératoire et la feuille du régime alimentaire. S'il n'y a pas de saignement, de vomissement ou de fièvre, l’enfant peut quitter l’hôpital le lendemain matin  avec une ordonnance de traitement post-opératoire et une feuille de régime alimentaire.

    La période post-opératoire à la maison

Pendant une semaine, l’enfant doit rester à la maison. Il ne peut aller à l’école ou à la crèche. Seules quelques sorties sont possibles.

Il faut bien suivre le traitement, notamment antidouleur, pour faciliter le repos et le sommeil. Le régime alimentaire va du froid et pâteux vers une alimentation plus chaude et consistante au bout d’une semaine. Certains enfants mangent très peu pendant cette période, il ne faut pas les forcer, ils se rattraperont plus tard…

Un contrôle avec l’ORL est souhaitable une semaine après l’intervention. Ceci permet de contrôler l’état des loges amygdaliennes. Celles-ci sont recouvertes d’un enduit fibrineux blanc assez épais. Ce n’est pas du pus. Ce dépôt va être progressivement remplacé par la muqueuse. Pendant toute cette période de cicatrisation (environ 2 semaines) il faudra éviter tous les aliments agressifs type croûte de pain, chips, biscottes…

L’enfant peut reprendre l’école au bout d’une semaine de convalescence en étant attentif à la poursuite du régime pendant encore une semaine s’il mange à la cantine.

amygdalectomie
aspect post-opératoire après cicatrisation

La voix de l’enfant est souvent plus aiguë après l’intervention. Déjà au bout d’une semaine, les parents notent une nette amélioration du sommeil de l’enfant.

Quelques idées reçues :

  1. L’asthme ou l’allergie sont des contre-indications à l’amygdalectomie : FAUX. L’anesthésiste en tiendra évidemment compte pour l’intervention.
  2. L’enfant attrape plus de bronchites après l’amygdalectomie : FAUX.
  3. Il y a une baisse d’immunité après l’ablation des amygdales : FAUX passé la période post-opératoire.
  4. Il faut attendre l’âge de 6 ans pour enlever les amygdales : FAUX, tout dépend du contexte. On peut opérer des enfants très jeunes en cas d’apnée du sommeil.

    Les complications

A – Les complications immédiates

Une hémorragie post-opératoire immédiate est rare mais peut nécessiter une réintervention pour coaguler le vaisseau responsable.

Du fait de l’utilisation d’un ouvre-bouche, on peut observer des lésions de la langue, des lèvres ou d’une dent. Ces lésions sont le plus souvent bénignes et guérissent en quelques jours.

B – Les complications secondaires

On peut observer une hémorragie jusqu’au 15èmejour post-opératoire (chute d’escarre). Elle peut être favorisée par des aliments irritants (chips, croûte de pain, gâteau sec…) ou suite à des efforts violents (reprise de sport trop précoce). Il faut dans ce cas contacter le chirurgien ORL ou le service d’urgence immédiatement. Une réintervention peut s’avérer nécessaire.

Des modifications de la voix par fuite d’air peuvent persister et nécessiter une rééducation orthophonique. En revanche, après l’ablation de volumineuses amygdales, la voix paraîtra plus aigue, ceci est normal.

C – Les complications graves ou exceptionnelles

Tout acte médical, investigation, exploration, intervention sur le corps humain, même conduit dans des conditions de compétence et de sécurité conformes aux données actuelles de la science et de la réglementation en vigueur recèle un risque de complication.

Une complication exceptionnelle doit être signalée : c'est l'hémorragie majeure, qui survient en règle pendant l'intervention et qui peut imposer une opération au niveau du cou pour effectuer l'hémostase.

En conclusion, l’amygdalectomie a parfois mauvaise réputation peut-être parce qu’elle a été, à une époque, réalisée de manière trop systématique.

Actuellement ses indications se sont affinées et elle rend des services inestimables notamment en cas d’amygdales obstructives.

 

Info importantes

La cœlioscopie a des intérêts et des complications qui lui sont propres. Il ne s'agit que d'un moyen parmi d'autres d'aborder la zone opératoire. Pour certaines interventions, elle va donner un abord meilleur, une vision meilleure, une facilité plus grande. Pour d'autres, c'est le contraire. Le fait de prévoir une intervention par cœlioscopie ne doit pas faire oublier que votre chirurgien pédiatre pourra à tout moment "convertir", c'est à dire revenir à une voie traditionnelle. Vous devez en être prévenu avant l'intervention. en savoir plus sur la cœlio...

 
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