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Sténose de la jonction urétréro-vésicale - les suites

Écrit par RP, chirurgien pédiatre.

Les suites

 

 

Celles-ci sont bien-sûr différentes selon que l'on ait opté pour une dérivation ou non.

  • En cas de dérivation, l'urine s'écoule en permanence par l'orifice de l'uretère situé en bas du ventre.
    • Deux possibilités s'offrent pour récupérer les urines.
      • soit on peut mettre des poches à ce niveau qui récupèrent les urines et que l'on change régulièrement. Il existe aujourd'hui des poches qui n'abîment pratiquement pas la peau. Cependant, cela demande une certaine organisation, et des manœuvres répétées et régulières.
      • soit on peut laisser l'urine s'écouler dans la couche. Cette technique, si elle peut paraître un peu laxiste, est en fait une méthode de choix chez les petits nourrissons. En effet, de toute façon l'urine de l'autre rein s'écoule dans la couche (par la vessie). Les risques infectieux ne sont pas plus élevés dans la mesure où les couches sont changées régulièrement, et l'écoulement se fait de façon satisfaisante. Le choix sera en général laissé aux parents qui utiliseront la méthode qu'ils préfèrent.
    • A court terme, la surveillance se fera sur des échographies qui montreront la diminution de la distension (ce qui est normal, puisqu'il n'y a plus d'obstacle, mais qui ne signifie pas la guérison). Des ECBU seront faits au moindre doute.
    • A l'heure de la chirurgie, vers 15 ou 18 mois, on fera à nouveau une urographie, avant de proposer une réimplantation de l'uretère sur une vessie psoïque, avec un montage qui empêchera le reflux. C'est une intervention bien réglée, mais assez lourde. Elle nécessitera une hospitalisation d'une dizaine de jours. Souvent, on sera amené à mettre et laisser en place une petite sonde qui ira du rein jusqu'à la vessie (double J) et qu'on devra retirer au bout de 4 à 6 semaines par les voies naturelles.
    • Après la sortie, on surveillera la distension résiduelle du rein qui peut persister par des échographies. Au bout de 3 à 4 mois, on fera un bilan radiologique de contrôle complet, avec une cystographie et une urographie. Ce bilan permettra de juger de l'absence de reflux, et de l'état de l'écoulement des urines provenant du rein réimplanté.
    • A plus long terme, et si tout est correct sur le premier bilan, il faudra prévoir une consultation annuelle avec le chirurgien pédiatre, ainsi qu'une échographie pour vérifier la pérennité du montage et l'état du rein réimplanté.

 

  • Si il n'y a pas eu de dérivation,
    • Des échographies tous les 3-4 mois seront nécessaires pour vérifier l'absence d'aggravation.
    • Une urographie sera faite vers 18-24 mois qui permettra de juger de la conduite à tenir : abstention ou intervention chirurgicale. En cas d'abstention, une surveillance  échographique annuelle s'impose.
    • La chirurgie va consister en une réimplantation. Parfois, il faudra faire en plus une réduction du calibre de l'uretère (un modelage), pour le ramener dans des dimensions satisfaisantes. On ne réimplantera que l'uretère sténosé (ou les deux en cas de bilatéralité)
    • L'intervention est relativement simple, et bien codifiée. L'hospitalisation durera environ 5 à 7 jours. Parfois, on sera amené à mettre et laisser en place une petite sonde qui ira du rein jusqu'à la vessie (double J) et qu'on devra retirer au bout de 4 à 6 semaines par les voies naturelles.
    • Après la sortie, on surveillera la distension résiduelle du rein qui peut persister par des échographies. Au bout de 3 à 4 mois, on fera un bilan radiologique de contrôle complet, avec une cystographie et une urographie. Ce bilan permettra de juger de l'absence de reflux, et de l'état de l'écoulement des urines provenant du rein réimplanté.
    • A plus long terme, et si tout est correct sur le premier bilan, il faudra prévoir une consultation annuelle avec le chirurgien pédiatre, ainsi qu'une échographie pour vérifier la pérennité du montage et l'état du rein réimplanté.

 

Au total,

la sténose de la jonction urétéro-vésicale est une malformation dont la gravité est en rapport avec :

  • l'uni ou la bilatéralité
  • l'importance de la dilatation
  • la pertinence de la prise en charge par l'équipe pédiatrique
  • le résultat de l'éventuelle intervention chirurgicale

 

En cas de forme unilatérale ou bilatérale modérée,  correctement suivie, et éventuellement opérée, le pronostic est excellent.