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Hypospadias - les résultats

Écrit par RP, chirurgien pédiatre.

Comme nous l'avons déjà dit, la chirurgie de l'hypospadias est difficile et les résultats ne sont jamais assurés, en tout cas dès la première intervention. Il faut donc savoir, que lorsque son fils est porteur de cette malformation, on s'engage dans un chemin chirurgical qui peut parfois être long. Bien-sûr, ces risques d'échec diminuent lorsque la forme est moins sévère. L'expérience du chirurgien pédiatre est également importante. Mais, globalement, et sauf exception, le résultat final est toujours convenable. L'emploi du terme "convenable", et non de "parfait" ou "excellent" est évidemment voulu. En terme d'hypospadias, lorsque le résultat est correct (méat dans le gland, verge droite et mictions satisfaisantes), il est dangereux de vouloir obtenir mieux, voire la perfection. C'est toujours dans ces cas que se produisent les plus grandes catastrophes locales, avec retour au point de départ (mais sans plus aucun tissu pour réparer, apparition de sténoseszones rétrécies d'un tuyau (digestif, urinaire ou vasculaire), etc...)

Les deux complications post-opératoires les plus fréquentes sont la sténosezone rétrécie d'un tuyau (digestif, urinaire ou vasculaire) et la fuite. Elles sont parfois associées, la sténosezone rétrécie d'un tuyau (digestif, urinaire ou vasculaire) quant elle est précoce entraînant souvent une hyperpression et une rupture partielle ou totale de la réparation. Ces deux complications sont bien entendu réparables. Elles nécessitent donc un nouvel acte chirurgical qui pourra améliorer ou guérir le problème. Le facteur de réussite de cette nouvelle intervention n'est bien entendu pas de 100%, et une nouvelle fuite est possible. Cette nouvelle intervention ne pourra se faire qu'au minimum 6 mois après la première, pour laisser aux tissus le temps d'avoir cicatrisé et de s'être bien revascularisés.

Ceci étant dit, dans les 80% de formes antérieures et moyennes, la réussite est également située aux alentours de 80-90% de première intention. Ce taux de 80-90% est également celui de la réussite de la première réintervention. Il reste donc dans ces formes moins de 5% des enfants qui nécessitent plus de 2 ou 3 interventions. Dans les formes plus postérieures, le taux d'échec est plus important, nécessitant plus de reprises chirurgicales.

En conclusion,

plus le méat est loin, plus la réparation est difficile.

plus le méat est loin, plus le risque de réintervention est important.

plus le méat est loin, plus le nombre de réintervention risque d'être important.

mais dans la plupart des cas le résultat est convenable dès la première intervention, et il faut se contenter de cette approximation.