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Hernie inguinale

Écrit par RP, chirurgien pédiatre.

La hernie inguinale du garçon résulte de l'absence de fermeture d'un petit canal qui existe lors de la vie intra-utérine pour permettre la descente du testicule.

Ce canal s'appelle le canal péritonéo-vaginal. Elle peut se manifester à tout âge chez l'enfant, mais sa découverte est de moins en moins fréquente, à mesure que l'âge augmente. Ce que l'on peut voir, n'est pas la hernie, mais sa conséquence, c'est à dire une partie du contenu abdominal qui sort dans le canal. Il peut s'agir d'intestin, ou de franges graisseuses (épiploon).



Le plus souvent, elle se manifeste chez un nourrisson par une petite tuméfaction (une petite boule)

 

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au dessus de l'origine des bourses, d'un côté ou de l'autre. Cette tuméfaction est plus ou moins volumineuse, et a tendance à augmenter quand l'enfant pousse, tousse ou pleure. Elle peut aussi descendre jusqu'au fond des bourses, sans que ce soit un élément inquiétant.

 

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Elle diminue souvent lors du sommeil. La hernie peut également s'associer à une hydrocèle ou un kyste du cordon. Ceci doit conduire à consulter rapidement, mais sans urgence tant que cette "boule" varie (grossit ou diminue dans le temps)

Habituellement, la hernie n'est pas douloureuse. Si elle le devient, le risque est qu'elle s'étrangle (le contenu qui est sorti ne peut plus rentrer). Cet épisode doit conduire à calmer l'enfant, voire lui donner un bain, pour essayer d'obtenir la réintégration de la hernie. Si elle ne rentre pas, il est alors urgent d'aller consulter le pédiatre, les urgences, voire directement le chirurgien pédiatre si on en connaît un.

La guérison spontanée est impossible. Il est indispensable de pratiquer une intervention chirurgicale. Celle-ci ne comporte pas de risque important, mais elle doit se faire sous anesthésie générale, avec les risques (très faibles) que cela implique. De même, ce n'est pas une intervention particulièrement compliquée, mais elle demande une minutie extrême pour ne rien abîmer. Elle doit être faite par un chirurgien qui en pratique beaucoup, et au mieux par un chirurgien pédiatre.

 




L'intervention chirurgicale va donc consister en la fermeture de ce canal péritonéo-vaginal. Celle-ci, comme nous le disions plus tôt, n'est pas particulièrement difficile. Deux méthodes sont possibles : la chirurgie traditionnelle et la cœlioscopie.

La cœlioscopie ne semble pas avoir, à l'heure actuelle, démontré qu'elle était plus fiable, plus indolore ou moins dangereuse que la voie traditionnelle. Pour la plupart elle est réservée au traitement des récidives (qui malheureusement existent !).

La voie traditionnelle va consister en une petite incision du côté de la hernie, juste au dessus du pubis. Il va falloir libérer tous les éléments qui "collent" sur le canal, c'est à dire les vaisseaux du testicule et le canal déférent. C'est cette libération qu'il va falloir mener minutieusement, sans rien abîmer. Tous ces éléments sont très fins et très fragiles chez le petit enfant, et encore plus chez le nourrisson ou le nouveau-né. Une fois libéré, le canal est fermé (avec un fil qui se résorbera) et la cicatrice est refermée également avec des fils qu'il n'y aura pas besoin d'enlever.

Dans les services où on a l'habitude de s'occuper des enfants, on associe à l'anesthésie générale, une anesthésie régionale (sorte de d'anesthésie locale élargie) pour protéger les petits opérés des douleurs dans la phase post-opératoire.



Cette chirurgie (en dehors de la voie cœlioscopique) se fait toujours en "ambulatoire" (sortie le jour même si tout va bien). Le seul empêchement systématique à cette chirurgie ambulatoire est l'âge. Aujourd'hui, il est hors de question de pratiquer cette sortie immédiate avant l'âge de 6 mois. De même la chirurgie ambulatoire en général est contrindiquée lorsque le lieu de résidence se trouve trop éloigné.

Le retour à la maison se fait habituellement sans problème particulier, il n'y a pas de douleur, et la vie habituelle peut être reprise tout de suite. La crèche, la nourrice ou l'école peuvent être reprises dès le lendemain de la sortie. L'acivité sportive, chez les enfants plus grands, peut également être reprise très vite, même dès le lendemain si les enfants le souhaitent.

Les suites à long terme, n'ont pratiquement qu'une seule complication, c'est la récidive. Celle-ci reste exceptionnelle, et sera au mieux traitée par cœlioscopie.