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Hernie de l'ovaire

Écrit par RP, chirurgien pédiatre.

La hernie inguinale chez la petite fille correspond à un petit canal qui ne s'est pas fermé à la naissance. L'ovaire, qui est situé juste devant cet orifice a tendance à être le premier organe qui "sort". Ceci explique le nom de hernie de l'ovaire.

En fait, il n'y a pas de différence avec la hernie inguinale du petit garçon, et le terme de hernie inguinale est parfaitement justifié. En effet, le canal péritonéo-vaginal qui est resté perméable prend le même "chemin" que chez le garçon, c'est à dire le canal inguinal.

Elle se manifeste par l'apparition d'une petite boule, juste au-dessus du pubis d'un côté ou au niveau de la grande lèvre.

 

hernie ovaire

 

Le plus souvent, elle apparaît dans les premiers mois de la vie.

Le contenu de cette hernie peut être à peu près n'importe quoi

  • frange graisseuse
  • tube digestif, dont le diagnostic se fait par le palper. Il faut alors essayer de réintégrer le contenu de la hernie à l'intérieur du ventre. Ceci permet d'organiser une intervention sans urgence, en prenant en compte les nécessités des parents, voire de la scolarité. Si il est impossible de réintégrer le contenu digestif de la hernie, on a alors affaire à une hernie étranglée, exceptionnelle, mais nécessitant une intervention en urgence.
  • ovaire. Celui-ci est assez facile à diagnostiquer, car il s'agit d'une petite boule ovale, assez dure et bien mobile. Elle ne peut en général pas être remise en place. De toute façon, il ne faut pas essayer de façon trop intense, au risque d'abîmer l'ovaire. L'existence de cet ovaire extériorisé doit conduire à une intervention rapide. Ce n'est pas une urgence au sens strict du terme, l'ovaire ayant très peu de risque d'être lésé par une attente. Le risque de torsion de l'ovaire est exceptionnel.
  • liquide (comme le kyste du cordon du garçon, et il s'agit alors du "kyste du canal de Nück"

 

kyste du canal de Nück

 

 Celui-ci se diagnostique facilement avec une simple lampe de poche, illuminant en rouge le contenu kystique. L'intervention programmée est nécessaire pour éviter les douleurs lors des poussées aiguës.

La guérison spontanée est impossible. Il est indispensable de pratiquer une intervention chirurgicale. Celle-ci ne comporte pas de risque important, mais elle doit se faire sous anesthésie générale, avec les risques (très faibles) que cela implique. De même, ce n'est pas une intervention particulièrement compliquée, mais elle nécessite un opérateur habitué, en particulier si l'ovaire est extériorisé ou si l'enfant est très jeune. Elle doit être faite par un chirurgien qui en pratique beaucoup, et au mieux par un chirurgien pédiatre.


L'intervention chirurgicale va donc consister en la fermeture de ce canal péritonéo-vaginal. La bilatéralité étant très fréquente, et la nocivité de vérifier l'autre côté étant quasi nulle (contrairement à ce qui se passe chez le garçon), il est habituel d'opérer les deux côtés. Deux méthodes sont possibles : la chirurgie traditionnelle et la cœlioscopievoie d'abord micro-invasive de l'abdomen, permettant de pratiquer des interventions avec une caméra et quelques autres points d'entrée (3 à 10mm), plutôt qu'une vraie incision qui abîme les muscles..

La cœlioscopie ne semble pas avoir, à l'heure actuelle, démontré qu'elle était plus fiable, plus indolore ou moins dangereuse que la voie traditionnelle. Pour la plupart, elle est réservée au traitement des récidives (qui malheureusement existent !).

La voie traditionnelle va consister en une petite incision du côté de la hernie, juste au-dessus du pubis. Il va falloir trouver le canal, éventuellement réintégrer l'ovaire à l'intérieur du ventre, et bien libérer le canal jusqu'à son origine. On pourra alors le lier et le couper. On profitera pour fermer l'orifice musculaire du canal inguinal, puisque plus rien n'y passe. On pratique la même intervention de l'autre côté. Les deux cicatrices (environ 1 à 1,5 cm) seront fermées avec des petits fils qui se résorbent seuls.

Dans les services où on a l'habitude de s'occuper des enfants, on associe à l'anesthésie générale, une anesthésie régionale (sorte d'anesthésie locale élargie) pour protéger les petites opérées des douleurs dans la phase post-opératoire.


Cette chirurgie (en dehors de la voie cœlioscopique) se fait toujours en "ambulatoire" (sortie le jour même si tout va bien). Le seul empêchement systématique à cette chirurgie ambulatoire est l'âge. Aujourd'hui, il est hors de question de pratiquer cette sortie immédiate avant l'âge de 6 mois.

Le retour à la maison se fait habituellement sans problème particulier, il n'y a pas de douleur, et la vie habituelle peut être reprise tout de suite. La crèche, la nourrice ou l'école peuvent être reprises dès le lendemain de la sortie. L'activité sportive, chez les enfants plus grands, peut également être reprise très vite, même dès le lendemain si les enfants le souhaitent.

Les suites à long terme, n'ont pratiquement qu'une seule complication, c'est la récidive. Celle-ci reste exceptionnelle, et sera au mieux traitée par {tooltip}cœlioscopie{end-texte}voie d'abord micro-invasive de l'abdomen, permettant de pratiquer des interventions avec une caméra et quelques autres points d'entrée (3 à 10mm), plutôt qu'une vraie incision qui abîme les muscles.{end-tooltip}.