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Reflux gastro-œsophagien

Écrit par RP, chirurgien pédiatre.

La remontée anormalement fréquente, et/ou douloureuse d'aliments ou des sécrétions acides de l'estomac vers l'œsophage en dehors d'efforts de vomissements traduit un reflux gastro-œsophagien. Il entraîne un certain nombre de "désagréments", voire de malaises graves. Ce reflux gastro-œsophagien, qui n'a pas de caractère inquiétant chez le nourisson (en dehors du risque de malaises graves) devient ennuyeux, voire très gênant à mesure que le temps passe.

La survenue, ou plutôt la persistance de ce reflux après l'âge de la marche, traduit le plus souvent une déficience des moyens naturels empêchant la remontée vers l'œsophage. Ces moyens sont d'une part situés dans la paroi de l'œsophage, et d'autre part dus aux rapports de l'œsophage avec les éléments environnants (diaphragme et surtout estomac). Les moyens purement œsophagiens (sphincter inférieur de l'œsophage) ont tendance à grandir avec la croissance, ce qui explique la guérison de la plupart des reflux survenant chez lez nourrisson.

L'examen de référence qui permet de retrouver le reflux acide, et de le quantifier est la pH-métrie de 24 heures. Pour celle-ci, on met en place une petite sonde par le nez avec un capteur qui mesure l'acidité au niveau de la partie basse de l'œsophage. Cette sonde est reliée à un boîtier qui enregistre pendant 24 heures le pH (l'acidité) à cet endroit. Normalement, dans l'estomac il y a de l'acide (permettant la digestion) et cet acide ne doit pas se retrouver dans l'œsophage.

 

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Le reflux est qualifié de physiologique (normal) lorsque sur les 24 heures le temps d'acidité (< pH4) ne dépasse pas 5 % et quand il n'y a pas plus d'un reflux par heure en moyenne. Au delà de ces valeurs, le reflux est pathologique.

Les signes qui peuvent faire évoquer ce reflux sont multiples :

  • les signes digestifs
    • les régurgitations et les vomissements sont les plus fréquents. Ils sont souvent liés à la position, survenant plus volontiers en position couchée.
    • la rumination où l'enfant fait remonter les aliments pour les ruminer avant de les ravaler (mérycisme)
    • les difficultés d'alimentation, avec une gêne au passage des aliments, d'autant plus importante que ceux-ci sont plus volumineux. Celles-ci peuvent entraîner à la longue un amaigrissement, voire des troubles de la croissance.
    • Les douleurs ou les brûlures derrière le sternum. Elles peuvent être plus ou moins importantes, liées ou non à la prise alimentaire.
    • les vomissements sanglants, traduisant le plus souvent une atteinte de la surface de l'œsophage.
  • Les signes respiratoires et ORL
    • Les troubles respiratoires fréquents, à type de bronchite récidivante, ou d'asthme peuvent être en rapport avec le reflux. Parfois, le reflux n'est qu'un facteur aggravant de la maladie respiratoire, ce qui pose de gros problèmes pour définir la tactique thérapeutique.
    • La survenue fréquente d'otites, d'angines ou de laryngites, doivent faire évoquer la possibilité de reflux en l'absence de cause ORL retrouvée.
  • Les malaises graves